Ma peau était lisse, un vrai plat Tefal!
Pour la première fois, je venais de tenter le rasage intégral, aisselles, bras, torse, ventre, pubis, sexe, inter fessiers, jambes, barbe et crâne. Il ne me restait que les sourcils, histoire
d'éviter les remarques angoissées à propos d'une éventuelle chimio.
La sensation était surprenante, de simples brises anodines ou frottements de vêtement me laissaient des empreintes tactiles nouvelles, exacerbées.
Trois heures pour n'oublier aucun poil, une bombe entière de mousse au menthol, un rasoir main pour scalper au plus près.
Je passais de longues minutes à mater mon allure, mon profil, mon galbe glabre, la vision était parfaitement reliée au toucher, je sentais presque la caresse du regard.
Seule ombre, les éclaircies marquées par un bronzage passé et pileux.
Je n'aimais pas ces disparités, je voulais façonner une image sans frontière, continue, il fallait donc enchaîner par de nouvelles séances de bronzette intégrale; de toute façon, marques ou
pas, j'avais hâte d'être nu en plein air pour découvrir ces nouvelles sensations sur ma peau de nouveau né.
La plage naturiste était à quelques kilomètres, un simple short, débardeur et tongs en osier, et zou, la voiture suivait de mémoire ce trajet maintes fois emprunté.
Déjà, ma queue frétillait de prémices frissons propices à une future érection, et il me restait encore quelques kilomètres... dammit, ça n'irait pas, je connaissais mon corps, impossible que
j'arrive "indemne" à la plage ... je devais me dérouter vers un lieu plus isolé.
En cette saison: la digue! Isolée et difficile d'accès. Un abri en béton à son extrémité, assez haut pour être à l'abri des regards vagabonds si on arrivait à se hisser sur le toit en
plate-forme.
Je me gare sous un arbre à l'écart de la route et fonce à travers dune, mon début d'érection indiquant la direction à suivre.
Quelques dizaines de mètres à découvert pour traverser le chemin crayeux et me voilà sur le brisant.
Quelques âmes croisées qui reviennent de l'horizon, seuls quelques oiseaux marins m'accompagnent, parfait, j'avance serein dans la perspective du plaisir, vers ce cabanon de béton qui s'érige en
temple maya, autel offrant au ciel mon sacrifice orgasmique à venir.
Deux coups d'oeil aux alentours, un peu de leste grimpette et me voilà sur ce toit, en plein soleil et offert aux bises d'embruns. Je me désappe, les sensations sont extraordinaires, j'ai
l'impression d'être un prototype vivant pour des essais de dynamique des fluides.
Je n'ai jamais eu de pensées homosexuelles, genre jouer au cheval de Troie avec Brad Pitt, ou faire le piquet sous la tente en compagnie de Heath Ledger et Jake Gyllenhaal, mais ma part
"exotique" éructait à ce moment-là, je voulais subir des assauts sexuels; je me cambrais ainsi pour sentir les saccades salaces du vent s'immiscer entre mes fesses pour lécher mon anus lisse,
d'une langue fraîche et onctueuse.
Je savourais tous les effets que me procurait cette séance de naturisme, ma queue rutilante, polie et bien élevée vers l'azur.
J'étais en totale érection, la sueur perlait à grosses gouttes et glissait sur mon corps laqué comme s'il s'était agit d'une huile de cuisson. Je n'en pouvais plus, je jetais un oeil en bas de la
baraque, pas un chat. Je me mis à me masturber, les jambes et les reins arqués. J'exécutais mon travail de forçat très au sérieux, discipliné, en bon bagnard, sous le cagnard.
Je regardais le ciel empreint de quelques giclées laiteuses, mon excitation au firmament, ma main calleuse bien calée autour de ma verge. Au bout de quelques minutes, une vague de jouissance
déferla et je rajoutais ma touche pastel au décor céleste.
"Ô, mouette, suspend ton vol!"
à suivre ...
Je ne peux pas ignorer non plus ( ce serait de l'hypocrisie de ma part) toute la charge sensuelle et érotique que tes évocations véhiculent et, puisque l'heure est aux confidences, je reconnais volontiers les déguster sans aucune retenue et si j'ose dire les" garder en bouche " pour en distiller longuement toutes les variations subtiles...
Je comprends et partage tout à fait l'émotion éprouvée en offrant ainsi un physique glabre aux éléments lorsque toute pilosité a disparu et ne fait plus écran...
PS: " La part de l'autre" j'aime bien ce clin d'oeil au livre d' Emmanuel Schmitt qui nous montre l'aspect méconnu l'autre versant d'un être en révélant la part lumineuse de ce dernier... L'analogie s'arrête là mais j'aime bien cet autre versant...
Plein de baisers ensoleillés dont tu choisiras ... l'indice de protection !
Elise
E&M
au plaisir de te lire
Day