Je sortais de ma séance de psychothérapie hebdomadaire. Le soleil tapait mollement pour la mi-juin, mais m'éblouissait après cette heure d'obscurité mentale.
Rien à faire avec cette psy! J'avais beau lui jeter en pâture des morceaux de choix, j'étais confronté à un mur d'argumentations impersonnelles et à côté de la plaque. Mais bien que ce régime ne portât pas ses fruits, je continuais après une année à supporter ce chassé-croisé intellectuel dans le double espoir qu'elle me révèle une terre vierge pour me rebâtir, mais également qu'elle daigne enfin bouger et décroiser ses satanées jambes merveilleusement galbées!
J'avais affaire à la première psychiatre playmobil, n'ayant aucune capacité désarticulatoire, elle restait vissée à son fauteuil d'une semaine sur l'autre, même position, même style vestimentaire, sa faculté d'immobilisme confinant au mannequinat d'une devanture du salon de l'habitat.
Je balançais pourtant tout pour lui dérider le sphincter! Enfance terne et diaphane, parents gauchistes dépressifs, amourettes sur le tard bien que très tôt attiré par le sujet, grandes écoles et petites vertus, premiers boulots et dernières illusions, la trentaine assumée mais consumée par tous ces aléas accumulés qui formaient l'humus de mes névroses actuelles. Mais non, rien n'y faisait, elle se contentait d'arborer un stoïcisme benêt à mon encontre, récitant sans rythme des plages entières de concepts psychiatriques dont je me sentais totalement étranger.
En vrai stakhanoviste du verbe, je débitais ainsi des tonnes de souvenirs histoire de titiller une curiosité même futile, de faire naître une petite étincelle grivoise dans ses prunelles
étrangement grises, mais non, le tissu de sa courte jupe ne prenait jamais une ride, sa chevelure brune n'ondulait que par les reflets du soleil perçant les stores, et son décolleté ne se
gonflait guère que d'un air parcimonieux ...
Je la quittais donc une nouvelle fois déçu mais déterminé à trouver la faille.
Et puis la semaine suivante, après avoir fait mes devoirs et fait le plein de souvenirs tout frais, je tapotais le digicode pour rentrer dans la petite cour ombragée jouxtant le cabinet, et alors
que j'allais sonner à sa porte, une voix dans le recoin sous le tilleul:
-Bonjour Day!
Je tournais la tête pour voir ma psy, assise dans un fauteuil en osier, jambes croisées. Chose épanouissante, elle avait troqué son tailleur strict pour une robe courte fraîche et légère, blanche
et zébrée de rouge.
-Euh... bonjour ... je me suis trompé d'heure pour le rendez-vous?
-Non, non, nous avons bien rendez-vous, mais je vous propose de le faire ici, dans la cour.
Il fait un temps splendide, ce sera plus agréable, non?
-Euh... oui... mais ... comme ça, dehors, c'est un peu gênant, non?
- Il n'y a aucun vis-à-vis et la cour est bien insonorisée, personne ne pourra nous entendre.
Elle désigna sans attendre le fauteuil en face d'elle. En m'asseyant, je me rendais compte que sa voix aussi avait changé. De froide et mécanique, elle était devenue suave et engageante!
-Bien, dit-elle, j'ai fait du tri dans vos remarques de ces dernières séances, et je pense que le moment est venu de passer à l'étape suivante, qu'en pensez-vous?
-Hum... oui, pourquoi pas! C'est vous la psy!
-Très bien! Vous allez donc commencer par un exercice concret, Day! Vous allez vous lever, défaire votre ceinture, déboutonner votre jean et le faire glisser avec votre caleçon jusqu'à vos
chevilles, lentement. Puis, vous vous assoirez et vous vous masturberez devant moi!
Je la regardais! Je venais de franchir un cap dans mes fantasmes, parce que j'étais maintenant en pleine hallucination auditive! Je venais de l'entendre me demander de me branler devant
elle!?
-Oui, exactement, c'est ce que je vous ai demandé! En n'oubliant pas bien sûr d'aller au bout de votre jouissance en éjaculant!
-Quoi?? ........... (30 secondes de pause) .......enfin ... je ne comprend pas ... quel rapport avec ma psychothérapie?
-Justement, il s'agit d'un exercice en total raccord avec la progression de votre thérapie!
-C'est que ... non ... enfin quoi, vous êtes sérieuse?? Comment voulez-vous que je fasse une chose pareille? Devant quelqu'un que je ne connais pas! Non, sérieusement, c'est une blague, c'est ça?
Vous vouliez voir ma réaction?
- C'est au contraire très sérieux, Day ... et devant ma stupéfaction, elle ajouta en souriant:
Allons, je suis sûr que cela ne sera pas aussi difficile que vous le dites! Et puis, il suffit de vous observer lorsque je récite des passages soporifiques d'obscurs traités de psychanalyse!
Votre regard oblique alors aussitôt sur les parties sexuées de mon corps: jambes, seins, bouche, etc., et on voit votre entre-jambe se mettre nettement à gonfler!
Je rougissais comme un scandinave en vacances aux Antilles, n'osant plus rien dire. Aucune cachette dans cette cour pour échapper à cette situation, je devais faire face.
-Bon, écoutez, Day ... vos fantasmes se lisent sur votre figure! Face à moi, vous vibrez de désir sexuel! Vous ne devez pas avoir honte, vous savez, faites moi confiance, cet exercice va dans le
sens de votre thérapie, nous analyserons ensuite l'exercice et vous verrez que tout vous paraîtra logique.
-Oui mais non ... comment dire, oui, enfin, c'est vrai que j'éprouve certaines envies lors de nos séances, genre vous voir nue ou ... écarter les jambes, mais c'est ... enfin, ce ne sont que des
fantasmes, il n'y a rien de concret, alors de là à me masturber comme ça, devant vous, on est en plein délire!
-Pour vous amener à comprendre vos névroses, j'ai besoin que vous soyez acteur de vos désirs!
Je ne suis qu'un catalyseur, vous savez, mais j'avais prévu ce blocage, c'est pourquoi je vais vous aider à démarrer.
Et pour la première fois depuis un an, ses jambes vibrèrent, sa jupe frémit, ses bras lâchèrent stylo et calepin pour agripper les rebords du fauteuil.
Et elle écarta les jambes! Doucement. Elle avait tout prévu, effectivement, car elle ne portait pas de culotte!
Je vis alors une petite chatte parfaitement épilée, aux lèvres fines et rosées que mes yeux dévorèrent illico!
Ses jambes continuèrent leur mouvement jusqu'à les caler sur les bras du fauteuil, relevées juste comme il faut!
Je restais hypnotisé, séparé d'à peine un mètre de son intimité! L'été était bien là, empli de parfums apaisants. Et tout à coup , ses lèvres s'entre-ouvrirent et je respirais cette fleur
parfaite, dont les pétales laissèrent échapper une perle de rosée ...
-Cela devrait vous aider, Day! A vous de jouer maintenant. Je veux que vous vous branliez devant moi jusqu'à jouir violemment. Imaginez que vous me recouvriez de votre sperme bien chaud alors que
j'ai les jambes et la chatte bien écartées.
Je ne réfléchissais même plus, je ne cherchais même plus à masquer mes fantasmes derrière une pudibonderie et une gène de façade. Ses phrases délibérément accrocheuses m'hypnotisaient! Je
m'exécutais, machinalement, je me levais et faisais tomber futal et caleçon sur les chevilles.
Je bandais depuis mon arrivée, comme d'ordinaire, mais de sentir ma queue à l'air libre et observée par ma psy, le sang pulsait dans les starting blocks. Je me rassis et les yeux toujours rivés
sur son sexe parfait, je commençais à me branler consciencieusement!
Je jouis en fait assez vite! (A situation exceptionnelle, réaction émotionnelle!)
Mon sperme vint se répandre sur les dalles entre elle et moi, et je m'affaissais dans mon fauteuil. Elle sourit, sûrement ravie du résultat. Mais très vite, je me sentis honteux et sale. Je
m'essuyais et me rhabillais. J'avais l'impression d'avoir perdu quelque chose, une profonde tristesse m'enveloppa.
Elle redescendit ses jambes qui reprirent leur sempiternelle position croisée. Elle réajusta sa robe, et souffla légèrement, elle avait dû avoir une certaine émotion quand même.
-Voilà, Day, je suppose que vous devez ressentir une profonde tristesse maintenant non?
- ... oui, c'est vrai, je ne me sens pas terrible, là. Je ne comprend pas pourquoi j'ai fait ça en fait ...
-Day ... vous êtes quelqu'un recherchant le plaisir absolu! Vous considérez que votre quotidien est composé en majeure partie d'événements fades et sans intérêt, que la réalité est
globalement ennuyeuse. Votre esprit essaye alors de contracter cette réalité pour en extraire une sorte de substrat de jouissance, débarrassé de tout le superflu.
-attendez, m'énervais-je, quel est le rapport avec ce que je viens de faire??
- Eh bien, vous êtes une sorte de rêveur lucide, votre esprit cherchait autrefois à se surpasser, mais dans un univers restreint, vous avez doucement et inconsciemment renoncé devant ce constat.
Petit à petit, vous avez renoncé à tout, vie amoureuse, vie professionnelle, vie sociale, et vous vous rabattez de plus en plus sur des plaisirs de substitution, primaires, faciles d'accès
... comme le plaisir sexuel!
Ce qui fait que dans un contexte que vous jugez ennuyeux, comme nos précédentes séances, votre esprit renonce à se battre pour exister pleinement, et ouvre la porte à vos fantasmes sexuels, car
il s'agit du plaisir le plus immédiat, face à une jeune femme plutôt sexy.
En clair, parce que globalement vous avez renoncé à trouver votre place dans le monde qui vous entoure, spécifiquement, au quotidien, dans des situations intellectuellement fades ou conflictuels,
vous vous réfugiez dans les plaisirs simples, qui sont devenus au fil du temps des drogues auxquelles vous ne pouvez plus résister.
Je ne savais plus quoi dire ...
-Cet exercice visait donc à vous mettre face à cette dépendance ... et je vous propose de commencer par apprendre à ne plus céder à ces pulsions. Vous allez devoir apprendre à vous concentrer et
vous recentrer sur vous-même face à des situations comme celle d'aujourd'hui.
L'été fut horrible et formidable à la fois. Je devais en effet exprimer clairement mes réflexions sur divers sujets plutôt complexes, tout en faisant face à ma psy qui montait d'un cran dans
l'érotisme à chaque séance.
Elle réitéra d'abord la technique des jambes écartées, pour ensuite se mettre complètement nue, puis se caresser le corps, prendre des positions de plus en plus chaudes, se masturber, et enfin
user de godes ...
En deux mois, j'étais "guéri", mais je pense que ma psy allait à son tour avoir besoin de suivre une thérapie ;)